Le bison et les tribus amérindiennes du Nord

Le bison et les tribus amérindiennes du Nord

Animal emblématique des Etats-Unis, le bison est aussi intimement lié aux tribus amérindiennes du Nord.

Ces tribus ont en effet liées leur destin au mammifère pour le meilleur et pour le pire. Grâce à lui, les amérindiens pourront s’étendre dans toute l’Amérique du Nord avant de progressivement s’estomper avec le bison.

 

La source de vie

Le bison est la « ressource » de base des tribus amérindiennes du Nord.

Avec la viande, les amérindiens pouvaient se nourrir.

Le cuir était utilisé dans la confection de vêtement et de tipi. alors que les os servaient à faire des outils et des armes.

Le crâne trouvait son utilité dans les pratiques religieuses alors que les cornes étaient transformées en vaisselles et que les tendons trouvaient une seconde vie en tant que cordes pour les arcs.

Même les excréments avaient leur rôle : ces derniers étaient séchés puis brûlés comme combustibles.

Cette situation s’explique par l’énorme population de bisons présente en Amérique du Nord avant la colonisation.

En effet, on estime le nombre de bêtes entre 50 à 70 millions avant la colonisation.

Les amérindiens suivaient la migration des bisons mais ne voyaient pas ces derniers uniquement comme une ressource mais aussi comme un animal sacré.

Pour lui rendre hommage, les tribus organisaient des danses rituelles et des cérémonies

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« The Buffalo Hunt » (1890), tableau du peintre américain Frederic Remington représentant une scène de chasse aux bisons par les amérindiens. Visible au Buffalo Bill Center of the West à Cody (USA).

 

Un massacre organisé

Sous la direction du président Ulysse Grant, les Etats-Unis vont se lancer dans une extermination des bisons.

Cette extermination avait pour but d’affamer les tribus amérindiennes dont le bison est la principale source de nourriture afin de prendre leurs terres.

La principale raison faisant que les citoyens privés américains chassent le bison est le commerce de peaux. Les chasseurs abattait les bisons pour leurs peaux : après les avoir dépecés, ils laissaient la carcasse pourrir sur place.

De grandes entreprises y trouvent aussi leur compte, notamment dans le secteur ferroviaire où le grand mammifère est considéré comme une menace car un choc avec ce dernier peut endommager les trains.

Au point culminant de cette chasse, ce serait 100 000 bisons qui seraient abattus par jour.

Parmi les chasseurs, plusieurs d’entres-eux deviendront célèbres dont Buffalo Bill.

De son vrai nom William Frederick Cody, ce dernier affirmera avoir tué 4 290 bisons en moins de 1 an, chiffre que de nombreux spécialistes affirment comme plausible.

 

Cette chasse industrielle finira par conduire le bison à 2 doigts de l’extinction : en 1880, il ne reste plus que quelques centaines de bêtes sur les 50 à 70 millions présentes avant la colonisation.

 

Les bisons et les amérindiens d’aujourd’hui

Bien que les effectifs de bisons américains soient remontés à 500 000 bêtes, la situation de l’animal reste plus que précaire.

D’abord, la plupart des bisons ne sont plus des animaux « pur sang » : en effet, l’écrasante majorité des bêtes possèdent des gênes de bœufs et seuls 12 000 à 15 000 seraient à sang pur.

Le chiffre de 500 000 bisons est aussi trompeur car il prend en compte tous les animaux et non pas seulement ceux en liberté : dans les faits, la moitié des bisons sont élevés pour la consommation humaine.

Les bisons sauvages sont aussi confrontés à la maladie. Les troupeaux sont touchés par la tuberculose mais aussi la brucellose, une maladie provocant des avortements.

Ces virus effraient les agriculteurs proches des populations de bisons qui redoute une contagion à leurs troupeaux de bovins. Ces agriculteurs font donc pression sur le gouvernement pour obtenir une chasse à plus grosse échelle des bisons.

Les Amérindiens ne sont pas étrangers à la renaissance du bison : ces derniers se battent pour sa protection et mettent en place des programmes de réintroductions.

C’est le cas notamment des tribus de la réserve amérindienne de Fort Peck dans le Montana qui en 2012 ont reçues 60 bisons venant du parc de Yellowstone pour les réintroduire dans la réserve.

Le retour des bisons dans la réserve fut un succès, le troupeau comptant dorénavant 340 bêtes (certaines sont arrivées de Yellowstone).

Des initiatives concernant les bisons et regroupant plusieurs tribus ont aussi vues le jour. En 2014, 13 tribus canadiennes issues de 8 réserves différentes ont signé « le traité du bison« . Ce traité visent à ramener les bisons en liberté dans les réserves.

 

Les bisons et les amérindiens ont donc un lien très fort. Ces derniers ont vécu toutes les étapes ensemble allant de l’expansion dans tout le continent Nord américain à la quasi-disparition.

Dans un contexte de renaissance de l’identité amérindienne de la part des tribus, il n’y a rien d’étonnant à voir ces mêmes tribus s’engager dans la protection des bisons.

En effet, l’animal est bien plus qu’une « ressource » pour elles : c’est une part de l’identité amérindienne.

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