Comment la Macédoine a t-elle dominée la Grèce

Petit Etat vassal des Grecs, la Macédoine va pourtant réussir là où l’immense empire Perse échoua à de nombreuses reprises : soumettre la Grèce. Cette réussite macédonienne fut permis par 2 facteurs : la situation politique en Grèce et un changement radical de doctrine militaire de la part de Philippe II.

 

Une Grèce divisée, la Macédoine renforcée

Ce n’est un secret pour personne, les cités de la Grèce Antique n’étaient jamais d’accord. En l’absence d’une politique extérieure commune, chaque cité grecque gérait ses relations avec les peuples étrangers comme elle l’entendait. Cela était aussi valable pour les menaces extérieures : chaque cité était maîtresse de son sort, même si des alliances entre cités étaient possibles. C’est grâce à une alliance entre plusieurs cités dont Athènes et Sparte que la Grèce Antique avait réussi à vaincre l’immense empire Perse. Face à un ennemi que les Grecs estimaient terriblement puissants, ceux-ci avaient réussi à mettre leurs différends de côté.

Cependant, une alliance de ce type ne va arriver que très tardivement face à la Macédoine. En effet, les Grecs de l’époque et notamment les Athéniens considéraient les Macédoniens comme des fermiers, des gens rustiques et simplets. De plus, la Macédoine de l’époque a un énorme retard sur le plan militaire par rapport aux cités de la Grèce Antique.

 

La mobilité macédonienne comme atout

Les armées de la Grèce Antique était lente. Ayant la phalange comme colonne vertébrale, ces dernières sont peu manœuvrables. Chaque hoplite (soldat composant la phalange) était équipé d’un casque, d’une cuirasse, d’un bouclier, d’une lance et d’une épée courte. Cet attirail complet pesait 30 kilos. Du côté des Macédoniens, le socle de l’armée est aussi la phalange. Cependant, l’hoplite est nettement allégé : le bouclier devient plus petit, la cuirasse cède sa place à une armure plus légère et le casque n’est plus fabriqué en bronze, mais en fer qui est un métal moins lourd. La phalange Macédonienne est donc plus légère et manœuvrable que son homologue grecque.

L’autre facteur offrant une mobilité accrue à l’armée macédonienne est la cavalerie. Peuple connu pour ses élevages de chevaux, les Macédoniens n’hésitent pas à les incorporer aux côtés de la phalange. Ce type d’unité offre donc un énorme avantage à Philippe II, car les Grecs disposent de peu de cavalerie qu’ils utilisent pour protéger les flancs de la phalange ou chasser les fuyards contrairement à Philippe II qui l’utilise comme arme de choc (la stratégie du marteau et l’enclume). La cavalerie macédonienne offrira d’ailleurs la victoire à Philippe II face à la coalition grecque lors de la bataille de Chéronée en 338 avant J-C avec une charge menée par un certain Alexandre le Grand. Parmi cette cavalerie, les Compagnons deviendront une unité d’élite.

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L’emploi des armes de jets, la faiblesse grecque

Afin d’accompagner cette mobilité et punir celle réduite de ses adversaires, la Macédoine va se doter de soldats spécialistes des armes de jets pour harceler la phalange adverse. L’emploi massif de combattants à distance est récent dans la région grecque. Il faut savoir que pendant l’Antiquité, les armées sont peu ou pas professionnel : ce sont des armées civiques composées de citoyens recevant tout de même un entrainement militaire. Le poste occupé dans l’armée est donc un marqueur social. Or, les combattants à distance étaient à l’époque méprisée, car considérés comme déloyaux. Les soldats spécialistes des armes de jets étaient donc pour la plupart des mercenaires étrangers.

Les Grecs ne se rendront compte de l’intérêt des combattants à distance qu’à partir de la guerre du Péloponnèse (entre Athènes et Sparte). Lors de la bataille de Sphactérie en 425 avant J-C où les Peltastes Athéniens (unités légères lançant des javelots) mettent à genoux la phalange spartiate en la harcelant de javelots ; les spartiates étant trop lents pour les rattraper et engager le combat. Après cette bataille, les Grecs utiliseront les Peltastes pour protéger les flancs de la phalange et harceler l’adversaire.

Peltaste
Représentation d’un Peltaste sur un kylix (vase peu profond).

Les Macédoniens vont améliorer le concept en intégrant plusieurs types de soldats combattants à distance (Peltastes, archers et frondeurs) tout en augmentant leurs missions sur le champ de bataille. Avec Philippe II, les armes de jets servent aussi à soutenir la cavalerie en créant notamment des brèches dans la formation ennemie dans lesquels les cavaliers vont s’engouffrer pour briser les défenses, mais aussi en couvrant les désengagements.

 

Finalement, après avoir vaincu grâce à la mobilité, l’armée macédonienne va s’alourdir de nouveau à forces de combats entre phalanges du même type. Ironiquement, c’est un ennemi mobile qui vaincra les Macédoniens. En effet, Rome et ses légions très agiles feront disparaître définitivement le modèle de la phalange.

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