Le Qhapaq Ñan, l’autoroute des Incas

Le Qhapaq Ñan, l’autoroute des Incas

Dans le bassin méditerranéen, Rome fut la puissance dominante pendant de nombreux siècles. Outre sa force militaire, Rome pouvait notamment compter sur un réseau de voies de communication extrêmement développé. En Amérique du Sud, les Incas furent eux-aussi une puissance majeure grâce à leurs voies de communication et notamment le tronçon principal : le Qhapaq Ñan.

 

Un défi de construction

A son apogée, l’Empire Inca s’étendait sur une superficie d’1 million de kilomètres carrés. Pour faciliter le commerce et les transmissions d’informations, les Incas firent construire un gigantesque réseau de chemins couvrant un total de 23 000 kilomètres. L’artère principale de ce réseau se nomme Qhapaq Ñan, mesure 6 500 kilomètres et traverse 6 pays actuels (l’Argentine, la Bolivie, Le Chili, la Colombie, l’Equateur et le Pérou).

Pour les constructeurs de l’époque, la réalisation de cette route est un défi titanesque car la nature et la topographie ne facilitent pas le chantier.

Il y a d’abord la présence des Andes : 80% du chemin est construit à une altitude supérieur à 3 000 mètres ; la route atteignant même son point culminant à 5 000 mètres (plus haut que le sommet du Mont-Blanc).

La jungle et les fleuves à forts courants de la région sont d’autres obstacles à la construction. Pour outrepasser ces problèmes, les architectes font construire des escaliers de pierres et des ponts de cordes.

Dans le désert, l’ennemi principal est le sable poussé par le vent qui recouvre la route. Pour prévenir cette situation, des murets sont construits de chaque côtés de la route.

Le Qhapaq Ñan permit donc aux Incas de développer le commerce au sein de l’Empire mais aussi de renforcer son autorité sur les populations.

 

Carte_Qhapaq_Nan
Carte représentant le tracé du Qhapaq Ñan

 

Des routes au service des armées

Il faut savoir que l’Empire Inca était en réalité un agglomérat de différents peuples et cultures composé d’anciens alliés assimilés pacifiquement mais aussi d’anciens ennemis soumis par la guerre.

Les Incas étaient d’ailleurs une population minoritaire. Sur les 10 millions de personnes composants l’Empire à son âge d’or, seules 40 000 étaient des Incas.

Etant minoritaire, les Incas devaient donc pouvoir réprimer rapidement les rébellions pour rester au pouvoir.

Cette situation se ressent d’ailleurs même dans la construction du Qhapaq Ñan. Avec une largeur de la route comprises entre 5 et 20 mètres, celle-ci avait été étudiée pour facilement permettre la circulation d’armées.

Hormis la circulation des armées, il faut aussi assurer la circulation des ordres et des informations.

Pour cela, les Incas érigent tous les 20 kilomètres en bordure de routes des relais : les Tambos.

Ces Tambos abritaient des garnisons d’une taille plus ou moins importante mais aussi et surtout des messagers au nombre de 2 ou 3 par relais.

Ces messagers nommés Chasquis étaient des coureurs à pieds chargés de faire circuler les messages. Grâce à ce système, un message pouvait parcourir 200 kilomètres par jour.

Résultat, une information pouvait être communiquée d’un bout à l’autre de l’Empire en seulement 17 jours.

 

Artisan de la grandeur de l’Empire Inca, le Qhapaq Ñan sera aussi impliqué dans sa chute. En effet, lors de leur conquête de l’Amérique du Sud, les Espagnols utiliseront le réseau routier Incas pour accélérer les mouvements de leurs troupes.

De nos jours, le Qhapaq Ñan a en grande partie disparu. Malgré cela, cette mythique route est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2014.

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